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mardi 8 septembre 2015

Des voitures électriques solaires grâce à la pérovskite ?

À l'image du graphène, la pérovskite est l'un des matériaux stars du moment et pourrait remplacer le silicium des panneaux solaires. Une équipe de chercheurs nord-américains a utilisé ce minéral pour créer des cellules photovoltaïques d'un nouveau genre. D'après eux, une voiture électrique équipée de tels panneaux solaires pourrait recharger ses batteries lithium-ion en totale autonomie.
Si, pour le moment, la technologie photovoltaïque n’est pas assez performante pour pouvoir alimenter les batteries lithium-ion des véhicules électriques, les choses pourraient évoluer grâce à la pérovskite. © Daniel Borman, CC by 2.0Si, pour le moment, la technologie photovoltaïque n’est pas assez performante pour pouvoir alimenter les batteries lithium-ion des véhicules électriques, les choses pourraient évoluer grâce à la pérovskite. © Daniel Borman, CC by 2.0
Si les voitures électriques ne polluent pas leur environnement, la manière est produite leur électricité fait débat. En effet, si des combustibles fossiles servent à la fabriquer, la voiture électrique est-elle vraiment moins polluante que celle équipée d’un moteur à essence de dernière génération ? C’est en ces termes qu’une équipe de chercheurs de l’université Case Western Reserve(CWRU), aux États-Unis, pose le problème pour mettre en avant sa solution. Elle consiste à utiliser les propriétés très prometteuses d'un minéral, la pérovskite, pour envisager de pouvoir un jour recharger les batteries lithium-ion des véhicules électriques à partir de panneaux solaires intégrés.
Dans un article qui vient de paraître dans la revue Nature Communications, le professeur Liming Dai et ses collègues présentent un prototype de chargeur pour batterie lithium-ion basé sur des cellules photovoltaïques en pérovskite. En montant quatre de ces cellules en série, ils ont pu recharger une batterie lithium-ion en obtenant une efficacité photoélectrique et de stockage de 7,8 %. Selon eux, il s’agit là de la configuration la plus efficace pour ce type de solution de charge combinant le solaire avec les batteries lithium-ion. L’équipe de la CWRU y voit un potentiel d’applications énorme, à commencer par des véhicules électriques dotés de ce type de panneaux solaires miniaturisés qui pourraient recharger leur batterie de façon autonome.
À l’instar du graphène, la pérovskite est le matériau star du moment, en particulier dans le domaine du photovoltaïque. C’est seulement depuis 2012 que les formidables propriétés de cette famille de minéraux ont été découvertes en ce qui concerne l’énergie solaire. Les taux de rendement de cellules photovoltaïques à base de pérovskite sont déjà quasiment au niveau de ceux des cellules à base de silicium et la marge de progression est encore importante. Conversion du spectre de lumière solaire plus large, excellente mobilité et séparation des charges électriques, coût de fabrication bas font de la pérovskite l’un des candidats les plus sérieux au remplacement du silicium dans les panneaux solaires. Ajoutons en prime que le minéral peut être utilisé sous forme liquide pour créer des cellules photovoltaïques en peinture à pulvériser.
Ce n’est que depuis 2012 que les scientifiques ont mis en lumière les qualités photovoltaïques de la pérovskite. À l’heure actuelle, les cellules photovoltaïques basées sur ce matériau affichent un rendement déjà quasi équivalent à celui des cellules à base de silicium et elles devraient le dépasser dans les années qui viennent. Reste encore à trouver la solution pour les rendre plus stables et résistantes à l’eau. © Rob Lavinsky, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0
Ce n’est que depuis 2012 que les scientifiques ont mis en lumière les qualités photovoltaïques de la pérovskite. À l’heure actuelle, les cellules photovoltaïques basées sur ce matériau affichent un rendement déjà quasi équivalent à celui des cellules à base de silicium et elles devraient le dépasser dans les années qui viennent. Reste encore à trouver la solution pour les rendre plus stables et résistantes à l’eau. © Rob Lavinsky, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0


La pérovskite : un potentiel énorme mais des obstacles à lever
Dans le cadre de leur essai en laboratoire, l’équipe du professeur Dai a créé des cellules photovoltaïques à trois couches converties en un seul film de pérovskite. Quatre de ces cellules montées en série ont atteint un rendement de conversion de 12,65 %. Branchées à des batteries lithium-ion de la taille d’une pile bouton, le taux d’efficacité photoélectrique et de stockage a atteint 7,8 % sur dix cycles charge-décharge d’une durée totale de 18 heures. Les chercheurs précisent que leur système a pu maintenir des courbes de charge-décharge quasiment identiques durant tous les cycles, démontrant une grande stabilité et compatibilité des composants. Toutefois, aussi prometteuses soient-elles, ces cellules photovoltaïques à base de pérovskite présentent d’importantes faiblesses qui n’ont pas été solutionnées.
« Les pérovskites ont apporté un élan considérable à la communauté photovoltaïque et sont encore pleines de promesses mais elles se heurtent également à des verrous très importants comme leur piètre stabilité ou leur mauvaise résistance à l’eau… Par ailleurs, les records sont réalisés sur des démonstrateurs de quelques millimètres carrés de surface », souligne Daniel Lincot, directeur de l’Institut de recherche et développement sur l’énergie photovoltaïque (Irdep) qui est cité dans un article récent paru sur lejournal.cnrs.fr. Et en effet, les quatre cellules photovoltaïques en pérovskite des chercheurs de la CWRU ne mesurent qu’un millimètre carré chacune…
L’équipe de l’université nord-américaine compte poursuivre le développement sur des prototypes à petite échelle afin justement d’améliorer la stabilité des cellules en pérovskite. Et elle semble plutôt confiante. « Dans un avenir par très lointain, nous envisageons que vous pourriez avoir ce système chez vous pour recharger votre voiture et, à terme, étant donné que les cellules photovoltaïques en pérovskite peuvent être fabriquées sous forme de filme souple, elles pourraient être intégrées à la voiture elle-même. »

En 2070, le sexe avec les robots sera banal, affirme une chercheuse

Helen Driscoll, maître de conférences en psychologie à l'université de Sunderland (Royaume-Uni), est convaincue que les relations sexuelles et même des sentiments amoureux entre les humains et des robots deviendront admis avant la fin du siècle. Une idée qui n’a rien de nouveau (cf Blade Runner, 1982…), mais qui s’appuie sur les progrès en matière de réalité virtuelle et de robotique pour en faire une évolution incontournable de nos sociétés modernes.


Dans quelques décennies, en tout cas avant la fin du siècle, il ne sera pas rare que des humains entretiennent des relations sexuelles avec des robots, voire tombent amoureux de leur partenaire artificiel. C'est ce que prédit Helen Driscoll, qui est maître de conférences en psychologie à l'université de Sunderland (Royaume-Uni). Selon elle, ce type de rapport humain-robot pourrait survenir vers 2070.
Bien consciente que la perspective de coucher avec une machine peut sembler tout à fait saugrenue, pour ne pas dire malsaine, Helen Driscoll s'en remet à l'histoire. « Nous avons tendance à penser ces sujets [...] dans le cadre des normes actuelles. Mais si nous nous remémorons les normes sociales concernant le sexe qui étaient en vigueur il y a cent ans, il est évident qu'elles ont changé rapidement et radicalement. »
À l'heure actuelle, la technologie n'est pas assez avancée pour faire basculer les pratiques sexuelles. Mais avec les progrès de la robotique associées à l'amélioration de la réalité virtuelle, ce n'est qu'une question de temps (il y a déjà des tâtonnements, à l'image de Sinful Robot et son projet de réalité virtuelle de luxure).
« Dans la mesure où la réalité virtuelle devient plus réaliste et immersive tout en étant capable d'imiter voire d'améliorer l'expérience des relations sexuelles avec un partenaire humain, il est concevable que certains vont choisir cette expérience » plutôt que de continuer à entretenir des rapports avec un homme ou une femme, au motif que les émotions et les sensations ressenties seront plus fortes avec l'aide de la technologie.
HRP 4C, une anthropoïde conçue au Japon par l'AIST, au milieu de danseuses humaines. Pour l'instant, il est facile de faire la différence, mais demain ? © AIST/YouTube
HRP 4C, une anthropoïde conçue au Japon par l'AIST, au milieu de danseuses humaines. Pour l'instant, il est facile de faire la différence, mais demain ? © AIST/YouTube
Le manque de contacts humains ira-t-il jusque-là ?
Helen Driscoll estime toutefois que cette évolution pourrait favoriser l'émergence de problèmes de santé mentale ou physique, dans la mesure où l'Homme est avant tout un animal social qui a besoin du contact avec autrui. Or, la trajectoire que fait prendre la technologie à la société tend, selon elle, à isoler les individus en limitant leurs interactions directes.
Si le sexe robotique est privilégié, « nous pourrions aussi voir une hausse du nombre de personnes vivant seules et passant plus de temps dans la réalité virtuelle. Le manque de contact humain peut être nocif. Les humains sont naturellement sociables et un défaut dans ce domaine peut conduire à la solitude », ce qui est lié aux difficultés citées plus haut. Mais Helen Driscoll suggère que la technologie pourrait aussi apporter une solution à ces nouvelles problématiques.
D'autres chercheurs, avant Helen Driscoll, ont aussi réfléchi sur le rôle que joueront les robots dans le quotidien des individus. En 2007, David Levy, un chercheur rattaché l'université de Maastricht, envisage par exemple que le développement des logiciels de simulation de personnalité va conduire tôt ou tard à se poser la question de la possibilité de légaliser le mariage humain-robot en 2050.
Les relations entre humains et robots inspirent en tout cas. Ces dernières années, nous avons pu voir des films comme Her (dirigé par Spike Jonze) ou Ex Machina (réalisé par Alex Garland) aborder la naissance des sentiments entre un homme et une machine ou une intelligence artificielle. Ce sujet a aussi été traité dans la série britannique Black Mirror, dans l'épisode Be Right Back.

Intel Optane, des disques SSD mille fois plus rapides

Intel vient de présenter une gamme de SSD haute performance nommés Optane dont la commercialisation est prévue l'année prochaine. Ces appareils permettant le stockage de données sont basés sur une technologie de mémoire non volatile 3D XPoint qui, selon le fondeur, serait jusqu'à mille fois plus rapide que la mémoire NAND.




À l’occasion de sa conférence Intel Developer Forum (IDF), Intel a annoncé l’arrivée en 2016 d’une nouvelle génération de SSD (solid-state drive en anglais) baptisés Optane. Le stockage des données repose ici sur une nouvelle mémoire 3D non volatile nommée 3D XPoint qui a été dévoilée le mois dernier. Le fondeur nord-américain la présente comme la première nouvelle catégorie de mémoire depuis l’avènement de la mémoire flash NAND il y a 25 ans. Elle a été co-développée avec Micron Technology et a nécessité une décennie de recherche.
Cette mémoire d’un nouveau genre est censée répondre à l’explosion du volume de données que produisent les terminaux mobiles, les objets connectés et avec eux tous les services en ligne. Les SSD Optane s’adresseront aussi bien à des applications professionnelles ayant besoin de traiter de grandes quantités de données en un minimum de temps qu’à des produits grand public tels que des ordinateurs portables, des smartphones, des clés de stockage USB, etc.
« La technologie 3D XPoint combine la performance, la densité, la puissance, la non-volatilité et le faible coût de toutes les technologies de mémoire qui sont sur le marché aujourd’hui », assure Intel. L’avancée majeure de cette innovation est qu’elle s’attaque au principal goulot d’étranglement provoqué par la différence entre la vitesse de traitement des données par le processeur et la lenteur des systèmes de stockage.
La technologie 3D XPoint est annoncée comme mille fois plus rapide et durable que la NAND. Un seul de ces circuits peut stocker 128 Go de données. © Intel
La technologie 3D XPoint est annoncée comme mille fois plus rapide et durable que la NAND. Un seul de ces circuits peut stocker 128 Go de données. © Intel
La mémoire 3D XPoint est construite en trois dimensions
Peu de détails techniques ont été livrés sur la mémoire 3D XPoint, mais ses concepteurs assurent qu’elle est mille fois plus rapide et durable qu’une mémoire Flash et dix fois plus dense que de la DRam. L’une des caractéristiques de l’architecture 3D XPoint est qu’elle n’utilise pas de transistor. Le design en trois dimensions est composé d’un treillis de câbles dans lequel chaque intersection fait office d’interrupteur. Les données binaires sont représentées par le changement d’état du matériau à ces points d’intersection. Les bits sont lus et écrits individuellement.
Les données peuvent être traitées sur de petites dimensions, ce qui permet une lecture et une écriture plus rapide puisqu'elle peuvent être au plus près du processeur. Ceci contribue à réduire la latence et à accélérer le temps d’accès. Le fait que la mémoire 3D XPoint soit non volatile implique qu’elle conserve les données une fois que l’alimentation de l’appareil est coupée, comme la mémoire Flash. Rappelons que Samsung fut le premier à commercialiser un SSD à mémoire 3D l’année dernière.
Lors de la conférence d’ouverture de l’IDF, Intel a fait une première démonstration d’un prototype de SSD Optane en comparant ses performances à celles d’un SSD à mémoire NAND (DC P3700). L’Optane s’est montré en moyenne sept fois plus rapide. On est donc encore très loin des performances annoncées mais le gain est déjà suffisant pour avoir un impact significatif sur les capacités des produits grand public et professionnels qui en seront équipés.
Dans le domaine du jeu vidéo par exemple, cette mémoire peut contribuer à la création d’univers plus réalistes car elle sera capable de rafraîchir rapidement des scènes entières sans attendre qu’elles se chargent depuis le disque de stockage. Dans le monde professionnel, les SSD Optane pourront notamment doper les performances des bases de données en mémoire qui servent à réaliser du traitement analytique en temps réel.

Une batterie de smartphone rechargée en six minutes... au labo

Remplacer le graphite de l’anode par de l’aluminium augmente considérablement la capacité et la puissance des batteries lithium-ion, comme le démontre une équipe américano-chinoise. Si le recours à ce matériau n’est pas nouveau, la nanostructure de l’électrode inspirée de l’œuf est prometteuse…


La batterie lithium-ion est, pour le moment, la source d’alimentation la plus répandue pour lessmartphones, tablettes, ordinateurs portables mais aussi pour les voitures électriques. Le temps de charge et la puissance de ces batteries sont deux domaines où les travaux de recherche et développement s’activent sans relâche pour faire toujours mieux.
Dernièrement, une équipe réunissant des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology(MIT) et de l’université chinoise de Tsinghua a publié un article dans la revue Nature Communications exposant une avancée susceptible de réduire considérablement le temps de charge et d’augmenter significativement la puissance des batteries lithium-ion. Dans le cadre de tests en laboratoire, ils ont multiplié par trois la capacité de stockage de charge. Et ce n’est pas tout… En augmentant le taux de charge de la batterie, celle-ci a été complètement chargée en seulement six minutes.
Pour obtenir un tel résultat, les scientifiques ont surmonté l’un des principaux obstacles qui a trait au principe même du fonctionnement de la batterie lithium-ion. Au fil des cycles charge-décharge, cette dernière se détériore irrémédiablement. Cela est lié au phénomène de dilatation-contraction qui s’exerce au moment de ces cycles. Lorsque la batterie est en charge, les ions lithium migrent de la cathode vers l’anode qui va se dilater. Lorsque la batterie se décharge, l’anode se contracte. Ces contraintes mécaniques finissent par endommager l’anode, ce qui se traduit par une baisse des performances et de la durée de vie de la batterie.
Actuellement, l’anode d’une batterie lithium-ion est en graphite qui offre un compromis viable entre la capacité de stockage de charge – 0,35 ampère-heure par gramme (Ah/g) – et le coût de fabrication. Mais il existe des matériaux beaucoup plus performants, comme le graphène, ou l’aluminium auquel l’équipe emmenée par le professeur Ju Li du MIT a eu recours. Ce n’est pas la première fois que l’aluminium est employé pour améliorer les performances des batteries lithium-ion. Au printemps dernier, nous avions consacré un article aux travaux de l’université de Stanford dont la batterie composée d’une anode en aluminium pouvait être rechargée en à peine une minute.
La nanotechnologie basée sur la structure d’un œuf
L’aluminium a l’avantage d’être peu onéreux et d’offrir une capacité de stockage de charge nettement supérieure à celle du graphite (capacité théorique de 2 Ah/g). Problème, ce matériau est lui aussi sujet au phénomène de dilatation et de contraction. C’est là que l’équipe du professeur Li a trouvé une solution prometteuse en faisant appel à la nanotechnologie dite yolk shell qui est basée sur la structure d’un œuf (en anglais yolk signifie vitellus, ou le « jaune » de l’œuf, et shell coquille). Les nanoparticules d’aluminium sont confinées dans une coquille faite d’oxyde de titane, avec un vide suffisant pour leur permettre de se dilater et de se contracter librement. La coquille elle-même reste stable et isole efficacement l’aluminium de l’électrolyte.
Lors des tests effectués en laboratoire avec un taux de charge normal, l’électrode de cette batterie a délivré 1,2 Ah/g, plus de trois fois la capacité obtenue avec une anode en graphite. Et avec un taux de charge accéléré, il n’a donc fallu que six minutes pour une charge complète. Les chercheurs précisent que la capacité après 500 cycles charge/décharge était encore de 0,66 Ah/g, soit pas loin du double d’une batterie à anode en graphite. Selon le professeur Li, l’aluminium est non seulement peu onéreux, mais la méthode de fabrication de ce type de batteries pourrait être facilement industrialisable.
Le principe des nanoparticules yolk shell a récemment été appliqué à un autre matériau, le graphène. Des chercheurs sud-coréens ont créé une anode de batterie lithium-ion à base denanoparticules de silicium protégées par une couche de graphène. Ils ont ainsi pu multiplier par 1,8 la capacité de charge. Reste que, dans le cas de l’aluminium comme dans celui du graphène, le coût du recours à la nanotechnologie pour fabriquer ces anodes est encore largement prohibitif pour envisager un passage à l’étape industrielle. C’est désormais ce à quoi va s’attaquer l’équipe du professeur Li. Après avoir breveté cette technologie, les chercheurs vont devoir trouver le moyen de réduire le coût de production de ces nanoparticules d’aluminium.

jeudi 3 septembre 2015

Un iPhone 6 avec une pile à hydrogène aurait une semaine d'autonomie

L’entreprise britannique Intelligent Energy est parvenue à intégrer une pile à combustible dans un iPhone 6 sans modifier son design. Grâce à l'hydrogène, le prototype peut fonctionner une semaine complète sans recharge et Intelligent Energy affirme que sa technologie pourrait être commercialisée sous deux ans. Apple serait très intéressé…


De toutes les solutions susceptibles de remplacer les batteries actuelles des terminaux mobiles et des véhicules électriques, la pile à combustible est celle qui suscite à la fois le plus d’enthousiasme mais aussi de doutes. Voilà maintenant plusieurs dizaines d’années que l’on entend parler du formidable potentiel de cette technologie basée sur la réaction de l'hydrogène combiné à l'oxygène de l'air pour produire du courant. Une alternative sérieuse aux énergies fossiles qui n’a pourtant pas encore décollé commercialement.
Certes, Toyota vient de franchir un pas important en lançant la Mirai, première voiture de série animée par une pile à combustible, mais elle coûte cher (plus de 78.000 euros). Surtout, elle nécessite un hydrogène d’une grande pureté dont le coût d’utilisation est, pour le moment, similaire à celui des énergies fossiles.
Et si le déclic pour la pile à combustible était initié par Apple ? Intelligent Energy, une entreprise britannique qui planche sur cette technologie depuis 25 ans, vient de s’offrir un joli coup de communication en présentant un iPhone 6 équipé d’une pile à combustible lui assurant une semaine d’autonomie. Ce prototype n’a pas été proprement exposé à la presse mais dévoilé à huis clos à un seul journaliste du quotidien britannique The Telegraph. Aucune photo n’est publiée mais l’article précise que les ingénieurs d’Intelligent Energy sont parvenus à intégrer leur pile à hydrogène dans le smartphone Apple sans modifier sa taille ni son design et en conservant sa batterie d’origine.

Le choix de l’iPhone ne doit rien au hasard

La seule modification visible est la présence d'évents à l’arrière de la coque, chargés d'évacuer la vapeur d’eau que produit la pile à combustible. Celle-ci est rechargée grâce à une cartouche contenant de l’hydrogène (apparemment inclus dans un matériau solide) qui se branche actuellement sur la prise casque de l’iPhone 6. À terme, une prise spécifique pourrait être directement intégrée par les fabricants de smartphones ou d’autres appareils mobiles. Le choix d’un iPhone pour tester ce système d’alimentation n’est certainement pas anodin. D’autant qu’il existe également un prototype de MacBook Air équipé d’une pile à combustible…
Même si rien n’est confirmé officiellement, l’article du Telegraph suggère clairement qu’Intelligent Energy et Apple collaborent étroitement sur cette technologie. Au Royaume-Uni, la firme à la pomme commercialise déjà la pile à combustible externe Upp fabriquée par Intelligent Energy. Ce chargeur d’appoint vendu 149 livres sterling (203 euros au cours actuel) peut fournir l’équivalent d’une semaine d’autonomie à toute sorte d’appareils mobiles munis d’une prise USB.
Selon le Français Henri Winand, directeur général d’Intelligent Energy et ancien ingénieur chez Rolls-Royce, la question de la faisabilité d’une pile à combustible intégrée aux smartphones ne se situe plus au niveau technique mais commercial. « Notre point de vue est que nous sommes à une paire d’années d’un lancement mais tout dépend vraiment de la rapidité avec laquelle notre partenaire voudra appuyer sur le bouton pour l’enclencher », déclare-t-il dans les colonnes du Telegraph.
Intelligent Energy commercialise depuis quelques mois une pile à combustible sous forme de chargeur externe pour les appareils mobiles qui coûte un peu plus de 200 euros. Apple le distribue également dans ses boutiques au Royaume-Uni. © Intelligent Energy

D'importants contrats en Inde
Le modèle économique de l’entreprise est similaire à celui de son homologue britannique ARM. Ce dernier conçoit le design des processeurs éponymes qui équipent une majorité de smartphones et tablettes et vend cette propriété intellectuelle sous forme de licences aux fabricants de puces. Intelligent Energy souhaite faire de même en commercialisant des licences pour des piles à combustibles à des fabricants d’appareils mobiles, des constructeurs automobiles ou d’autres industriels.
Et c’est en Inde que la société joue sans doute une bonne partie de son avenir. Elle y a remporté un important contrat pour remplacer par des piles à combustible 26.000 générateurs au diesel qui alimentent les antennes relais d’une partie du réseau de téléphonie mobile lorsque le réseau électrique est défaillant. L’Inde compte actuellement plus de 400.000 antennes relais et plus de 935 millions d’utilisateurs de téléphones mobiles (source : Intelligent Energy-Telecom Regulatory Authority of India). 70 % de ces antennes sont situées dans des régions où les pannes d’électricité peuvent durer plus de huit heures par jour. Résultat, 2,6 milliards de litres de diesel sont consommés chaque année par les générateurs, ce qui se traduit par des émissions de CO2 de 7 millions de tonnes. La pile à combustible représente donc une alternative cruciale tant du point de vue économique qu’écologique.
Ce contrat est d’une importance cruciale pour Intelligent Energy car il va servir de caution technique. Fondée en 1988 sur la base des travaux de chercheurs de l’université de Loughborough (Royaume-Uni), l’entreprise a passé un quart de siècle à mettre au point sa technologie et compte près de 2.000 brevets déposés ou en attente. Si l’expérience indienne est un succès, la crédibilité qui en découlera pourra lui ouvrir d’autres marchés ou, pourquoi pas, une offre d’acquisition à prix d’or par Apple.


Le Bluetooth un jour remplacé par le corps humain ?

Pour connecter entre eux des objets électroniques portables, des ingénieurs américains ont inventé un système de communication sans fil utilisant des champs magnétiques très faibles circulant dans le corps. Une alternative à Bluetooth pour le « wearable » ?
L’idée de transformer le corps humain en réseau informatique pour connecter deux appareils électroniques n’est pas nouvelle mais elle n’avait pas suscité jusqu’à présent énormément d’intérêt. Cependant, à l’heure des vêtements intelligents et des accessoires connectés, cette solution pourrait offrir de nombreux avantages par rapport à la technologie sans fil Bluetooth, qui est aujourd’hui la plus répandue. C’est en tout cas ce que pensent des ingénieurs de l'UC San Diego, aux États-Unis. Ils ont mis au point un système de communication sans fil qui envoie des champs magnétiques à très basse puissance à travers le corps humain.
Il s’agit pour le moment d’un prototype qui se présente sous la forme de bracelets faits d’un fil de cuivre recouvert d’une gaine PVC. À l’une des extrémités se trouve le récepteur-analyseur. Le bracelet s’enroule en spirale autour d’un bras, d’une jambe ou de la tête. Il fait office d’inducteur et le corps sert de guide à ces champs magnétiques. Des tests ont permis de faire circuler un signal entre deux bracelets d’un bras à un autre, d’un bras vers la tête et d’un bras vers la jambe.
Grâce à ce procédé basé sur la résonance magnétique, il serait possible de faire communiquer entre eux des capteurs de signes vitaux, des bracelets d’activité, des montres connectées, etc., de façon plus sûre et moins énergivore qu’avec une connexion Bluetooth. En effet, il faut savoir que les ondes radio ont beaucoup de difficultés à traverser le corps humain. Par conséquent, le signal Bluetooth doit être amplifié, ce qui entraîne une consommation d’énergie plus importante. Résultat, le design de ces accessoires connectés est encore fortement pénalisé par la nécessité d’intégrer une batterie dont l’autonomie est de surcroît limitée.


Un rayonnement nettement inférieur à celui du Bluetooth
« À l’avenir, les gens vont porter de plus en plus d’appareils électroniques tels que des montres connectées, des bracelets d’activité ou des capteurs de santé. Tous ces terminaux vont devoir échanger des informations entre eux, explique le professeur Patrick Mercier, qui codirige le Center for Wearable Sensors de l’université. Actuellement, ces appareils transmettent l’information par liaison radio Bluetooth, qui utilise beaucoup d’énergie pour communiquer. Nous essayons de trouver de nouvelles façons de communiquer l’information autour du corps humain qui consomme beaucoup moins d’énergie. » Les résultats de ces travaux ont été récemment présentés lors de la conférence Engineering in Medicine and Biology Society (IEEE).
Selon les données fournies par les chercheurs de l’UC San Diego, leur système de transmission par champ magnétique à travers le corps humain afficherait un taux de perte de trajet « dix millions de fois plus bas que ceux associés aux ondes radio Bluetooth ». Cette fiabilité ouvre la voie à la conception d’une électronique embarquée moins énergivore et au final à des accessoires électroniques portables dotés d’une meilleure autonomie.
Cette technique aurait aussi l’avantage de réduire considérablement l’exposition aux ondes radio. « La puissance de transmission des signaux magnétiques envoyés à travers le corps devrait être nettement inférieure à celle de l’IRM et des implants sans fil », assurent les ingénieurs duCenter for Wearable Sensors.
Autre atout de ce réseau de communication sans fil corporel, son niveau de sécurité, nettement supérieur à celui du Bluetooth. Les ondes radio circulent en effet à l’air libre et sont susceptibles d’être interceptées. Avec ce système, la transmission est contenue dans le corps et les chercheurs ont constaté que la puissance du signal qui en émane baisse de façon drastique, à tel point qu’il serait impossible de transmettre des informations d’une personne à une autre.
Mais l’équipe de l’UC San Diego admet tout de même que son invention présente une limite importante. Pour se propager, les champs magnétiques ont besoin d’une géométrie circulaire et le système ne peut fonctionner qu’avec des objets communicants qui s’enroulent autour d’une partie du corps, comme une montre, un bracelet, une ceinture ou un bandeau. Cela exclut donc les implants et les capteurs de signes vitaux sous forme de timbre épidermique.

mardi 1 septembre 2015

Les écoles pour "codeurs" se multiplient



Après Xavier Niel et son école 42, le coréen Samsung a ouvert lui aussi un centre de formation pour les jeunes qui n’ont pas le bac.
Ils sont 50, 50 jeunes de 18 à 25 ans non bacheliers, qui achèveront prochainement leur première année de formation au « Samsung Campus ». Les 50 suivants peuvent faire acte de candidature dès d’aujourd’hui. Cet organisme a été mis en place, assez discrètement, en septembre dernier avec l’objectif de former à la programmation informatique des jeunes sortis du système scolaire. Le concept lancé par Xavier Niel avec sa fameuse école 42 a donc fait des émules. Le Samsung Campus, monté conjointement avec l’école Epitech et l’association Zup de Co, fonctionne à peu près sur le même principe. La sélection, sur dossier et entretien, est cependant moins difficile mais la formation est intensive. Trois conditions de recrutement : avoir entre 18 et 25 ans, pas de bac et une très forte motivation.
Ce qui est étonnant, c’est que cette école émane d’une entreprise privée
Samsung est aujourd’hui le numéro un mondial de la technologie. Il existe au total 35 campus de ce genre en Europe. La démarche est présentée comme « sociétale ». Samsung assure qu’il ne s’agit pas d’un vivier de recrutement pour son propre usage. Chaque étudiant bénéficie d’un mentor parmi les salariés du groupe en France mais la marque n’intervient pas dans la formation.
Parallèlement, le coréen lance un site Internet destiné aux jeunes de 7 à 13 ans pour les initier à la programmation informatique. Il s’agit du site Campus Junior qui s’appuie sur le langage « Scratch » développé par l’université américaine MIT.

Pourquoi une multiplication de ces initiatives ?
D’abord pour répondre à un besoin: la France manque de « petites mains » informatiques, ces fameux « codeurs », des programmeurs, qui vont créer les logiciels de demain. Ensuite, il s’agit d’offrir une formation à de nombreux jeunes sortis trop tôt du système scolaire et promis à un chômage certain alors qu’ils manifestent des aptitudes pour les technologies. Enfin, pour les créateurs de ces écoles, c’est un moyen de montrer qu’ils s’impliquent dans le développement de l’économie française ce qui n’est jamais mauvais en termes d’image de marque.